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Qui a tué Manon Paquin?

Le 26 août 1959, deux résidents de la région de Como près de Vaudreuil-Dorion, découvrent quelque chose d’étrange dans la rivière Hudson Heights.  Habitués de voir des gens jeter outrageusement leurs déchets au-dessus du pont, ils croient d’abord que ce n’est rien d’important.  Toutefois, ils découvrent un sac de couchage ayant une curieuse forme humaine.  En voulant entraîner le sac vers le rivage, ils décident d’appeler plutôt les autorités car ils pressentent que le sac contient un corps.  En effet, une femme était enveloppée dans le sac, face vers le bas, la fermeture éclair fermée au grand complet.

Au départ, personne n’arrive à identifier cette femme.  On dit qu’elle est très putréfiée et on affiche plutôt les bijoux qu’elle portait sur elle, soit deux bagues dont une avec diamant, une montre de marque «Montrose» avec un design qu’on appelait «petite marquise» et une chaînette avec cœurs à la cheville.  Elle portait une robe noire de qualité et des sous-vêtements noirs.  On dit aussi que la femme semblait avoir environ 20 ans.

bijoux

Peu de temps après l’annonce de cette découverte dans les journaux, un jeune homme se présente à la morgue.  Il s’agissait d’un cabaretier pour un club de la rue Sainte-Catherine, à l’ouest de la rue Saint-Laurent.  Il dit être l’ami de cœur de cette femme et l’identifie au nom de Manon Paquin.  C’était une prostituée connue des policiers.  Il dit l’avoir vue pour la dernière fois lorsqu’elle quittait le bar au bras d’un homme inconnu, venant de l’étranger et parlant anglais.  Il aurait reconnu les bijoux de sa belle dans les journaux.  Le fait étrange est que cet homme était accompagné d’un avocat/homme politique réputé et qui le sera aussi pendant plusieurs décennies.  Plus curieux encore, cet avocat l’accompagnait à cette identification en tant qu’ami, simplement.

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Autre fait: les journaux ont d’abord rapporté que les premières constations permettaient de croire que Manon avait été tuée par arme à feux.  Toutefois, les policiers ont rectifié le tout en disant qu’ils avaient simplement confondu une petite blessure à la tempe à une  entrée de projectile.  Ensuite, les journaux tels que Allô Police ont plutôt mis l’accent sur la thèse d’un accident ou d’une négligence criminelle.  Désormais, on disait qu’aucune trace de violence n’avait été décelée sur le corps de Manon.  Il était maintenant question de spéculation d’un homme retenant les services de Manon et qu’elle aurait trop bu d’alcool et qui par la suite se serait évanouie et aurait peut-être fait une crise cardiaque…

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J’ai donc demandé à obtenir l’enquête du coroner de Manon Paquin, qui, soit dit en passant, n’est qu’un alias.  Ce nom était celui connu des policiers après deux arrestations, une pour vagabondage et une en 1956 pour vol.  Sont vrai nom serait Mariette Guay et en généalogie, son décès est au nom de Suzanne Henriette Guay.  Quant à son âge, rien n’est certain non plus.  J’ai donné tous ces détails aux archives ainsi que le nom du coroner et du pathologiste.  Mais rien n’est à son dossier.  J’ai cherché sa sœur sur la rue St-Denis au Lovell numérisé mais trop de Mlle Guay y figuraient.  J’ai demandé le plumitif de son arrestation de 1956 mais rien aux trois noms également.  J’y travaille encore.

Manon décès

Manon Paquin sera enterrée en fosse commune, faute d’être prise en charge par sa famille.  Elle restera un mystère non résolu.  Et on en reparlera que très peu.  Il y aura Al Palmer qui en parlera dans The Gazette en 1960 au terme d’une série intitulée «Montreal crime flashback» et sinon le Photo-Journal qui mettra sa photo parmi plusieurs cas irrésolus le 18 novembre 1964…

Toujours est-il que…  Qui a tué Manon?

 

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Sources:

Généalogie Québec

Allô Police, Un sac de couchage pour la fille qui découchait, 6 septembre 1959, Microfilms, BAnQ

The Gazette, Al Palmer, A year ago yesterday,  girl in sleeping bag found, 27 août 1960

La Presse, 28 août 1959, BAnQ

Merci à Patricia pour son aide, mon bras-droit des années 50…

 

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