Sur ta rue

Sur ta rue, il s’est passé… Ontario (entre Jeanne-D’Arc et Pie-IX

J’y ai été au pif.  On commence.

Chaque rue a eu son lot de faits divers, des petits comme des grands.  Des drôles et des moins drôles.  Je vais commencer par un tronçon de la Promenade Ontario et ce, par catégories d’événements selon les trouvailles.

DES HOLD UP PEU COMMUNS

Du plus loin que je peux me rendre aux archives, la rue Ontario est truffée de commerces.  Il va sans dire que bon nombre de cambriolages sont mentionnés dans les journaux.  Certains ne se sont certes pas déroulés comme prévu…

Le 4026 Ontario a déjà abrité une des chocolateries portant le nom de Mary Lee Candy shop, marque de commerce achetée plus tard par Laura Secord.   En 1937, un homme était entré dans une des succursales dans le but d’y commettre un hold up.  Toutefois, il se butta à une propriétaire n’ayant pas le caractère aussi fin que ses chocolats.  Elle lui demanda ni plus ni moins de « rentrer-pis-ça-presse », sur un ton visiblement provocateur.  Surpris par autant d’audace, le cambrioleur a carrément rebroussé chemin!

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Le Canada, 5 juillet 1937, BAnQ

 

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La Presse, 21 mars 1949, BAnQ

UN INDIVIDU À TÊTE NU

La pharmacie de M. Désilets a opéré pendant plusieurs années au 4043 Ontario (là où il y a eu un gros trou jonché de mauvaises herbes pendant de nombreuses années et où vient de s’ériger des copropriétés).  C’est donc au printemps 1949 que ce pharmacien a vécu un hold up qui, à tout le moins, m’aura soutiré un petit rire gras lorsque j’en fit la lecture.  Un homme tête nu (!) entra à la pharmacie, conversa durant un long 20 minutes dans la cabine téléphonique pour ensuite raccrocher et ordonner, sous la menace d’une arme, de rendre le contenu de la petite caisse.  M. Désilets lui donnera mais cela ne l’empêchera pas de lui courir après jusque dans les ruelles du village de Maisonneuve…

FUSIL-JOUET ET CRI STRIDENT

En 1950, dans une bijouterie située au 4053 Ontario, un homme entra et braqua un revolver-jouet sur le patron.  Ce dernier fut si stupéfait qu’il cria très fort.  Si fort que le gunmen fit lui aussi le saut et s’enfuit sur le champs!  Il sera néanmoins capturé et traduit en justice quelques semaines plus tard.

 

PLAGIAT DE 10 «TOUNES»thumbnail_ontario music

Dans un autre registre, un propriétaire de magasin de musique, soit le Maisonneuve Music store, (encore à l’adresse 4053 Ontario), a frappé son waterloo en 1940.  Maurice Jubinville s’est retrouvé face à la justice pour plagiat de 10 chansons populaires dont les droits d’auteur appartenaient à nul autre qu’Ed Archambault de la légendaire boutique portant le même nom sur la rue Ste-Catherine.  M. Jubinville s’est vu dans l’obligation de payer une piasse d’amende et de remettre toutes les copies qu’il détenait à son magasin.  Interpellée, bien évidemment, par le titre «Coeur en chômage», j’ai investigué un brin et je peux vous dire que le refrain accroche pas rien qu’un peu.

Voici la boutique de musique en 1910:

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Collection Félix Barrière, BAnQ

 

MONDE DE BARS, CHICANES ET DURS À CUIRE

Alphonse
A. Aumont, La Presse, 15 septembre 1953

Après les boutiques de perruques, les tavernes remportaient probablement la deuxième place en popularité des commerces.  Or, la taverne d’Alphonse Aumont située au 4021 thumbnail_taverne chicaneOntario (emplacement de la Taverne Ontario pour les gens encore vivants) a fait briller les nuits des citoyens du quartier pendant des décennies.  On peut trouver la famille Aumont aux alentours de la même adresse même à la fin du 19ème siècle.  On peut aussi retracer une chicane de famille pour une succession qui s’est soldée devant le juge.  Alphonse et sa sœur s’étaient disputés au sujet des parts de la taverne.  Cette querelle semble avoir duré très longtemps puisque mes petites recherches m’ont emmenées à remarquer l’absence de cette sœur lors des funérailles du tavernier, en 1953…  Que voulez-vous, j’avais besoin de savoir ça.  Bref, la taverne Aumont a connu un fait divers des plus surprenant lorsque celle-ci avait accueilli deux clans adverses de balle molle.  À cause de divergence d’opinions par rapport au match précédent, un dénommé Béland aurait décroché un fulgurant coup de poing à un certain Duhamel.  Ce dernier serait rentré chez lui mais aurait été retrouvé mort le lendemain matin.  L’enquête du coroner avait démontré qu’il aurait succombé à une fracture du crâne.  À savoir comment il a fait pour rentrer à la maison sur ses deux gambettes, cela reste un mystère des plus surprenant.  Mais le plus saisissant est ce témoin qui dit avoir lui aussi eu maille à partir avec l’accusé.  Devant la menace de Béland, il lui aurait répliqué: «Ça te sert à rien.  Je peux te manger, toi et un steak ».  Ça brassait.

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La Presse, 13 octobre 1993, BAnQ

Déplaçons-nous un peu jusqu’au 4061 Ontario, où se trouve maintenant le Madame Smith.  À travers les époques, cet endroit a été témoin d’une ribambelle de faits divers; de la vente de chemises pour hommes sur le marché noir en passant par les accidents de tramways en avant de la porte.  Aussi, on y trouvait à une époque moins lointaine, soit dans les années 90, le Club le Beauceron.  Nombreuses sont les altercations qu’a connu cette partie de l’immeuble!  Je vais m’abstenir d’en faire la liste puisque le Photo Police l’a certes déjà fait à un moment où à un autre.  La plus sanglante fut toutefois une fusillade à l’automne 1993.  L’individu soupçonné était André Tessier.  Un mois plus tard, il était encore recherché.  Il aurait tiré 4 balles sur quatre personnes différentes, la plupart étant des employés.  Une seule personne avait été atteinte mais n’était pas décédée de ses blessures.  Pour les autres balles, elle sont sûrement quelque part en-dessous de la tapisserie…  

 

PETITES ANNONCES!

Des annonces, par ci et par là, qui nous témoignent avec brutalité comme le temps passe…  Comme cette offre de poney à vendre par Agapit Legault, un éminent personnage du quartier, aussi épicier de la rue Ontario (il est à noter qu’en 1907, le 723 Ontario était l’équivalent du 4048 Ontario).

ontario poney

 

Une annonce d’offre de «servante» au 4057 Ontario dans les années 40 soulève une généreuse ambiguïté quant au sens que l’on doit lui attribuer…

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DE BONNES ACTIONS

Pour finir, voici quelques beaux gestes que j’ai pu savourer à travers les archives, dans ce petit bout de quartier d’Hochelaga-Maisonneuve.

En 1949, un sublissime char allégorique avait été créé pour la parade des étrennes, gracieuseté des commerçants de la rue Ontario, exactement entre Jeanne-D’arc et Pie-IX.  Je ne sais pas trop quelle thématique l’oeuvre visait, mais on dirait bien un mélange hybride intéressant entre Pâques, Noël et l’Halloween.  Une recette gagnante!

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Le Devoir, 27 octobre 1949, BAnQ

 

Le 29 septembre 1959 avait lieu l’ouverture officielle de la rue Ontario (Promenade Ontario).  Des hommes d’affaires étaient présents, dont Rosario Raymond, résidant du 4054 Ontario et aussi président du Centre commercial Ontario.

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Le Devoir, 30 septembre 1959, BAnQ

Quelques semaines plus tard, pour le temps des fêtes, avait lieu une soirée mémorable pour les élèves ayant un handicap de l’école Victor Doré.  Le Spot Delicatessen, au 4032 Ontario, les recevaient pour un réveillon avec repas, visite du Père-Noël et cadeaux.  De quoi finir cette petite chronique en beauté!  Surtout avec la mignonne petite légende de photo «Puis-je goûter à ton coke?».

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À bientôt pour un autre tronçon de rue que vous me proposerez, ou que je choisirai au pif!

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